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Women and Education: L'éducation des femmes franco-manitobaines

 

L’éducation des femmes franco-manitobaines et le fonds Monique Hébert

 

L’histoire de l’éducation des femmes à la Rivière-Rouge avant l’arrivée des Sœurs Grises de Montréal le 21 juin 1844 est mal connue et peu documentée. En fait, la voix féminine reste presque silencieuse dans les documents d’archives. Cependant, l’histoire de l’éducation des femmes peut être reconstituée à partir de la correspondance et des autres documents créés par les premiers missionnaires, arrivés à la Rivière-Rouge du Bas-Canada (Québec) en 1818.

Avec l’arrivée des Sœurs Grises, et plus tard les autres communautés religieuses enseignantes, il devient plus facile de retracer l’histoire de l’éducation des femmes. Il existe même quelques traces dans les documents de femmes enseignantes laïques. Au cours du 20e siècle, l’éducation formelle des femmes ressemble de plus en plus à celle offerte aux hommes. Avec les changements démographiques récents il y a lieu de parler de l’éducation des personnes de langue française plutôt que de l’éducation des Franco-Manitobaines. C’est aussi important de noter que plusieurs femmes de langue française ont choisi de fréquenter des écoles d’immersion et de langue anglaise. Faute d’espace, la chronologie ci-dessous n’inclura pas cette partie de l’histoire.

L’éducation des femmes de langue française n’est pas seulement une histoire d’enseignement formel, mais aussi la transmission et la préservation de la culture, de la langue et des valeurs des francophones vivant au Manitoba. Le fonds Monique Hébert est un bon exemple. Monique Hébert, enseignante, s’est intéressée au rôle des Franco-Manitobaines dans la survie de la communauté. Les cassettes sonores offertes dans cette exposition révèlent la vie de quelques femmes francophones du Manitoba. Elles décrivent leurs propres expériences et comment elles ont enseigné leurs enfants.

Chronologie de l’éducation des femmes dans la langue française au Manitoba

Description du fonds Monique Hébert

Extraits des cassettes sonores portant sur les femmes franco-manitobaines

Chronologie de l’éducation des femmes dans la langue française au Manitoba

AVANT 1818 : L’éducation des femmes se fait selon les coutumes autochtones et métisses.

1818 : Les missionnaires s’intéressent plutôt à l’instruction religieuse et à l’enseignement du catéchisme aux femmes amérindiennes et métisses et leurs enfants qu’à leur formation académique.

1819 : L’ecclésiastique Guillaume-Étienne Edge ouvre une première école. Cette école se trouve non pas à la mission de la Rivière-Rouge, mais à Pembina, un établissement situé à une centaine de kilomètres en amont de la Fourche. La correspondance de l’époque n’indique pas clairement si cette école est fréquentée par les filles. En général, la correspondance de l’époque donne l’impression que les matières plus académiques sont réservées aux garçons.

1824 : Joseph-Norbert Provencher fait les premières démarches pour établir une école réservée aux filles à Saint-Boniface. Le missionnaire Sévère-Joseph-Nicolas Dumoulin lui recommande Angélique Nolin comme enseignante des jeunes filles de la colonie. Son père, Jean-Baptiste Nolin, refuse la demande de Provencher et les tentatives se soldent par un échec.

1825-1826 : Au cours de l’hiver, Provencher confie à l’épouse canadienne-française de son employé de ferme le soin d’initier certaines filles à l’industrie domestique du filage et du tissage.

1829 : Angélique Nolin et sa sœur Marguerite ouvrent les portes d’une école de filles au mois de janvier.

1834 : L’école des filles à Saint-Boniface ferme ses portes lorsque Angélique et Marguerite Nolin quittent Saint-Boniface pour assister le missionnaire Georges-Antoine Belcourt à sa mission parmi les Saulteux à Baie-Saint-Paul, sur la rivière Assiniboine.

1838 : En partenariat avec la Compagnie de la Baie d’Hudson, Provencher ouvre une école de tissage et de filage à Saint-Boniface. Les enseignantes sont Ursule Grenier et Marguerite Lapalice, deux femmes originaires du Bas-Canada. Peu après, la compagnie retire son appui à cette initiative, et l’école est fermée en 1841.

1844 : Arrivée des Sœurs Grises de Montréal qui assurent une plus grande stabilité à l’éducation des femmes au Manitoba.

1859 : Une femme laïque, Catherine Mulaire (née Lacerte) enseigne aux jeunes filles et aux garçons à Walhalla (Dakota du Nord). Elle déménage au Manitoba et jusqu’à sa mort en 1922, Catherine Mulaire enseigne à Saint-Adolphe, à Sainte-Agathe, à Saint-Nicolas, à Otterburne, à Saint-Pierre-Jolys et à Saint-Jean-Baptiste.

1870 : La loi de 1870 sur le Manitoba stipule que la province est bilingue aux niveaux législatif et juridique. Un système d’éducation bi-confessionnel et bilingue est aussi stipulé.

1871 : Ouverture de la première session de la législature manitobaine et la création du Conseil scolaire. Le Conseil est chargé de voir aux besoins des écoles au Manitoba.

1874 : Arrivée à Winnipeg des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Elles se sont, par la suite, dispersées aux quatre coins du sud du Manitoba. Elles sont les premières religieuses à aider aux Sœurs Grises dans le domaine de l’éducation des filles et des garçons. D’autres communautés les suivent dans les années suivantes. Au sein des collectivités francophones manitobaines, le couvent des religieuses représente souvent le principal établissement d’enseignement pour les jeunes du district. 

1890 : Sécularisation des écoles confessionnelles du Manitoba avec l'adoption le 19 mars d'une nouvelle loi scolaire. Il y avait 74 écoles catholiques accueillant 3 677 élèves. La législature du Manitoba vote aussi la suppression de la langue française comme langue officielle de la province. Le gouvernement du Manitoba promulgue la loi établissant le ministère de l’Éducation pour remplacer le Conseil scolaire. Le Conseil exécutif du ministère nomme les inspecteurs d’école, établit la rémunération des agents du Ministère, prescrit le format des registres et des rapports scolaires et délivre les brevets d’enseignement.

1896 : Adoption du règlement Laurier-Greenway. Ce règlement porte le nom du premier ministre libéral du Canada, Sir Wilfrid Laurier, et du premier ministre libéral du Manitoba, Thomas Greenway. Le compromis négocié entre les deux gouvernements pour rectifier la suppression des écoles confessionnelles permet les cours d'instruction religieuse après les heures de classes et autorise l'enseignement dans une langue autre que l'anglais à la demande des parents, lorsque dix élèves ou plus fréquentent une école de la province.

1916 : Une nouvelle loi scolaire est adoptée par le gouvernement libéral du Manitoba. La loi Thornton supprime les écoles bilingues, abolissant, en fait, l'éducation en français. La loi rend aussi l'instruction primaire obligatoire pour les enfants du Manitoba. Création de l’Association de l’Éducation des Canadiens français du Manitoba (A.É.C.F.M.) pour lutter en faveur des droits scolaires.

1919 : Création de l'Association des commissaires d'école de langue française du Manitoba, devenue en 1976 les Commissaires d'écoles franco-manitobaines.

1955 : Le gouvernement du Manitoba autorise l'enseignement du français de la quatrième à la sixième année.

1959 : Une Commission royale d'enquête sur l'éducation recommande que l'on permette d'enseigner le français à partir de la première année. Les femmes peuvent dorénavant étudier au Collège de Saint-Boniface.

1967 : Adoption de la loi 59 par le gouvernement conservateur de Duff Roblin. Cette loi scolaire restitue le droit d'enseigner en français dans les écoles du Manitoba, en limitant toutefois l'enseignement en français à la moitié de la journée scolaire.

1968 : Création des Éducateurs franco-manitobains (EFM) (anciennement la Société des enseignants de langue française). L’organisme reçoit le statut d'agence de la Manitoba Teachers' Society (MTS) en 1972 et est responsable de conseiller la MTS en matière d'éducation en langue française. Les EFM deviennent les Éducatrices et les Éducateurs francophones du Manitoba en 1986.

1970 : Adoption de la loi 113 par le gouvernement néo-démocrate d’Edward Schreyer. Le français reprend sa place comme langue d'enseignement, sur un même pied d'égalité que l'anglais dans les écoles publiques du Manitoba.

1971 : Création au Précieux-Sang du premier Mini-franco-fun. C’est un regroupement informel de mères francophones et de leurs enfants d'âge préscolaire.

1974 : Nomination d'un coordonnateur des programmes de l'éducation française au ministère de l'Éducation du Manitoba.

1975 : Création du Bureau de l'éducation française (BEF) au ministère de l'Éducation du Manitoba.

1978 : Ouverture du Centre de ressources éducatives françaises du Manitoba (devenu depuis la Direction des ressources éducatives françaises) au CUSB. Création de la Fédération provinciale des comités de parents.

1979 : La Official Language Act de 1890, est déclarée inconstitutionnelle le 13 décembre lorsque la Cour suprême du Canada donne raison à Georges Forest, un homme d'affaires de Saint-Boniface qui avait contesté la légalité de la suppression du statut officiel de la langue française au Manitoba.

1982 : Rapatriement de la constitution canadienne et adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Les minorités de langues officielles se voient garantir la gestion de leurs écoles dans leur langue maternelle.

1985 : Reconnaissance officielle par le ministère de l'Éducation de la définition d’école française.

1993 : La Loi 34 est adoptée le 27 juillet par le gouvernement conservateur de Gary Filmon. Cette nouvelle loi scolaire prévoit la création d'une division scolaire de langue française. Les parents des élèves des écoles françaises de La Broquerie, Sainte-Anne, Lorette, Île-des-Chênes, Saint-Norbert, Sainte-Agathe, Saint-Léon, Saint-Lazare, Saint-Boniface (Taché, Louis-Riel, Précieux-Sang, Lacerte) et Saint-Vital (Lavallée) indiquent massivement (moyenne de 94 pour cent des intentions) qu'ils veulent faire partie de la nouvelle Division scolaire de langue française.

1994 : Mise sur pied de la Division scolaire franco-manitobaine no 49 avec ses 22 écoles. La population étudiante de la nouvelle division scolaire se chiffrait alors à 4 200 élèves.

1995 : En septembre, l'école de Laurier, École Jours de Plaine, se joint à la DSFM.

1997 : En septembre, l’école de Saint-Claude, nommée École communautaire Gilbert-Rosset se joint à la DSFM.

2002 : En septembre, l’école de Saint-James, École Roméo-Dallaire se joint à la DSFM. Les élèves de l'école Lavallée sont déménagés à leur nouveau site et l’école change son nom à École Christine-Lespérance.

2004 : L'École française de Brandon, renommée École La Source à Shilo voit le jour.

2007 : Le Centre scolaire Léo-Rémillard, à Saint-Vital ouvre ses portes.

Description du fonds Monique Hébert

En 1981, Monique Hébert compléta un Baccalauréat es arts à l’Université du Québec à Montréal. Elle compléta en 1987 une maîtrise es arts à l’Université du Manitoba. En 1994 elle recevait son doctorat en histoire de l’Université du Manitoba ayant complété sa thèse sur la contribution des Franco-manitobaines à la survie de la communauté de 1916 à 1947.

Dès 1982, elle commençait une carrière dans l’enseignement au Manitoba, d’abord aux niveaux secondaire et pré-secondaire au Collège Saint-Jean-Baptiste et au Selkirk Junior High (1982 à 1990) puis de 1994 à 1995 au secondaire et pré-secondaire de l'École communautaire Aurèle-Lemoine. Pendant ce temps elle a été active au sein de nombreux organisme et a, entre autres, été présidente du Réseau national action éducation femmes, présidente des Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba (1990 à 1992), et membre de Pluri-Elles, Réseau, du Manitoba Teacher’s Society, de l’Institut de recherches et études féministes et du Women’s Historians and History of Women in Manitoba. Elle enseigna aussi à l’Université d’Ottawa et à l’Université du Québec à Hull. Elle est décédée en 1999.

Au cours de sa carrière elle a administré deux projets d’histoire orale, soit un avec la Ville de Beloeil (Québec) et l’autre avec la Société historique de Saint-Boniface sur le rôle des Franco-manitobaines dans la survie de la communauté. Son fonds comprend des documents produits au cours de ses recherches portant sur les Franco-protestants du Québec et sur les femmes franco-manitobaines (1976-1998).

Ses recherches sur les femmes franco-manitobaines ont servi à rédiger sa thèse pour remplir les exigences en vue de l’obtention d’un doctorat de l’Université du Manitoba. Les documents ainsi produits comprennent des notes de recherche, des photocopies de documents des archives de l’Association d’éducation des Canadiens-Français du Manitoba (dont des copies des rapports de visiteur et de la correspondance); de la correspondance au sujet de la thèse (avec sa directrice); des compilations de données; d’autres documents de recherche (en large partie des photocopies d’articles) et des cassettes sonores d’entrevues avec des femmes franco-manitobaines (y compris des sommaires et les ententes de dépôt et d’accès). (57 cm et 3 cartes) On y trouve donc 43 cassettes sonores fruit d’un projet d’histoire orale sous l’égide de la Société historique de Saint-Boniface. Des sommaires détaillés des entrevues les accompagnent.

Extraits des cassettes sonores portant sur les femmes franco-manitobaines

Monique Hébert s’est entretenue entre autres avec Florentine Bériault (Trudeau), Marie Parent (Beaudette), Dorothée Desrosiers (Gobeille), Hélène Robert (Guyot), Marguerite O’Neil (Kyle), Lucia Beaudry (Lemaire), Léontine Nault (Charrette), Lucille Bibeau (Guilbeau), Agnès Lafrance (Dupuis), Marie Duhamel et Marguerite Malo (Fréchette). Cette exposition virtuelle offre une version numérisée des cassettes sonores de Monique Hébert. Les enregistrements ont été produits dans le cadre d’un projet d’histoire orale sous l’égide de la Société historique de Saint-Boniface. Les entrevues au complet sont disponibles dans cette exposition.

Les extraits qui suivent proviennent des sommaires détaillés des entrevues qui accompagnent les cassettes sonores. Les extraits sont des témoignages de la vie au début du 20e siècle au Manitoba. Les extraits révèlent aussi les intérêts de l’enseignante Monique Hébert par les questions qu’elle demande aux femmes et ce qu’elle a retenu des discussions en notes. Les extraits qui suivent sont six exemples des commentaires et notes d’entrevues. Chaque femme à une histoire unique.


Marie Florentine Bériault, née Trudeau

Grade 10. « On pouvait pas aller plus loin. J’aurai aimé être pensionnaire dans le couvent mais mes parents avaient pas les moyens. Alors je suis sortie pour aider à la maison.

Les façons de faire ressemblaient à celles faites par sa mère. C’était la même chose. Elle a appris à tenir maison avec sa mère.

Tricot : appris avec sa grand-mère, crocheter de sa mère. Tatting : appris d’une maîtresse d’école qui habitait chez eux.

Soins des enfants : « Ça s’apprend tout seul ça. »

 

« J’étais contente de demeurer à Sainte-Anne, l’école, le couvent de Sainte-Anne. J’ai dit mes enfants vont avoir la chance de se faire instruire. Je va leur donner tout ce que je peux puis toutes leurs zétudes à Sainte-Anne puis après ça y’iront la chance de travailler dans des positions ou des métiers qui seront plus facile pour eux-autres de gagner leurs vies.. »


Marie Parent, née Beaudette

Grade 8 : « Va tirer les vaches au lieu d’aller à l’école. C’était pas mon idée pantoute. J’aurai voulu faire quelques chose de bien dans la vie. J’aurai voulu être maîtresse. »

« Inspecteurs on cache nos livres. »

Elle enseignait l’artisanat dans sa cave (les années 1960).

Les enfants vont à l’école de Saint-Jean-Baptiste. Les gars au Collège. Au couvent aussi. La plus part ont fait leur grade 12. « Le père était ben sévère. Quand ils allaient à l’école, il fallait qu’ils aillent à l’école. Rien d’autre. C’était pas le temps de courir ailleurs. » Étiez-vous d’accord avec ça? « J’avait rien à dire. Le père a dit ça, c’est ça. »

Travail des enfants : « Oui ont travaillé, les filles aident dans la maison, les gars vont aider à leur père. »

Dorothée Desrosiers, née Gobeille

École : À Otterburne; de campagne; grade 8; arrêté l’école pour rester à la maison pour aider à la mère; des maîtresses, pas de sœurs. N’a connu l’illégalité de l’enseignement en français pendant ses années d’études. Tous sont allés à l’école là : cinq de ses sœurs sont religieuses. Elle a pensé à se faire religieuse avec une de ses sœurs, mais elle s’est mariée plutôt. « J’ai aimé l’école. J’ai aimé ça parce que je sais lire puis écrire. »

« J’ai toujours habillé mes enfants. Comme on était neuf filles à la maison, il y avait bien des manteaux. »

L’école de ses enfants : « car vous savez quand ils laissaient l’école, c’était pas riche en anglais. »

Elle brodait : « J’ai tout brodé mon trousseau. Des dessus à bureau… dans ce temps-là, des têtes d’oreillers, son kimono. » Des amies à elle lui ont montré ça. Lorsque ses enfants ont grandi, elle n’avait plus le temps de faire ça. « Ça prenait tout notre temps pour arriver, pour avoir soin des enfants. »


Hélène Robert, née Guyot

Âge qu’elle commence l’école : six ans à Fannystelle, École du Sacré-Cœur, Oblates. Elle termine ses études en Grade 10.

Appréciation de l’école : « Oui… c’était la routine. On obéissait. Fallait aller avec un cheval c’était pas drôle en hiver. Des petits bouts de femmes, faire 3 milles et demi. »

Arts ménagers : « Oui, dans c’temps-là, y avait des boys and girls clubs. Oui y avait d’la compétition. Je crois que c’est-là que j’ai commencé à aimer l’artisanat. J’ai toujours bien réussi là-dedans. »

 

Aurait aimé continué l’école : « Bien y’en était pas question. Qu’est-ce qui avait? Soit rentrée sœur en garde malade pis l’enseignement. Pis l’enseignement, les filles étaient pas prêtes à aller là-dedans parce que c’était les sœurs qui avaient toutes les villages. Mois j’aurais pas voulu enseigner. J’aurai préféré m’en venir en ville pis me trouver de l’ouvrage. Écoute. C’était pas drôle pour les maîtresses – être 6 ou 7 milles dans le large comme on appelle… pis dans une ‘tite école… ah non, ça m’intéresse ça du tout. »

« On essayait de garder le français… ben c’était pas difficile, la majorité de leurs (ses enfants) amis étaient canadiens-français. »


Marguerite O’Neil, née Kyle

Élevé par des grand-parents sur le homestead. École là-bas : Ils avaient bâti une école sur le homestead de grand-père. Il y avait une section réservée par ça pis c’était sur le homestead de son grand-père et c’est là qu’elle est allée à l’école. Fini l’école, Grade 8.

Emplois avant le mariage : Elle n’a jamais élevé des enfants. Elle ne faisait que du ménage. Elle ne voulait pas s’occuper à élever des enfants.

Penser à être religieuse : « Un prêtre m’en avait parlé… mais… alors j’ai passé un temps chez les sœurs Oblates à Saint-Charles au couvent de Saint-Charles pendant un an. Mais ça m’avait rien dit. »

Personne ne lui a aidé à être mère. Elle n’avait pas de vieille amie pour l’aider. « Pis je pense que j’ai fait une bonne job. »

 

Lucia Beaudry, née Lemaire

École – pensionnaires à Sainte-Agathe car ferme paternelle situé à 2 ½ milles du village. Père n’avait pas le temps de les voyager.

« On parlait pas anglais. Ma mère parlait l’anglais, elle. Ça c’était quèque chose de parler anglais. »

Pourquoi avoir arrêté l’école : « ben c’est u’hu un temps… Ma mère vieillissait… la famille était assez grosse… On avait du terrain en masse. Me semble que j’aurais pas été capable d’enseigner l’école. J’me sentais pas capable. »

Ses enfants n’ont pas été gâtés : « les filles l’était travaillaient au Central. Les gars trappaient le long de la rivière. Ils attrapaient des rats d’eau… »

École pour les enfants : « Y traversaient la rivière pis y allaient à la petite école là… Ben on pouvait pas les envoyer à l’école du village. On était loin de Sainte-Agathe. Fallait les envoyer… dans c’temps-là, c’est des Mennonites qui’avaient-là. »